Révolution ou guerre n°8

(Semestriel - Septembre 2017)

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Luttes ouvrières dans le monde

Le courant qui réduit le rôle des révolutionnaires à la seule propagande pour l’idée de révolution ne voit pas le lien dialectique entre la dimension spontanée de la lutte de classe et sa dimension politique. Le prolétariat lors d’une grève ou tout autre acte de résistance peut avoir à faire face à l’Etat qui utilisera différentes branches de son appareil dans une division du travail cohérente. Les ouvriers pourront avoir à faire face à une combinaison des syndicats, de la propagande et des campagnes de presse et de télévision avec leurs différentes nuances et de celles des différents partis politiques, de la police, des services sociaux, et parfois de l’armée. Par exemple dans une puissance impérialiste comme la France il y a quotidiennement plus 270 grèves impliquant des dizaines de milliers de prolétaires.(Encore plus de grèves, mais plus de dispersion ! https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/090717/encore-plus-de-greves-mais-plus-de-dispersion) Ces grèves sont censurés par les médias, isolés par les syndicats et parfois réprimés par les lois et les policiers. C’est le cas de toute les grandes puissances impérialistes avec 150 à 300 grèves quotidiennes allant de quelques prolétaires à plusieurs milliers.

Canada : Province de Québec 175 000 travailleurs de la construction font grève fin mai durant une semaine. L’état criminalise la grève et la rend illégale. Quant aux syndicats, ils ont saboté comme d’habitude une mobilisation plus grande et la continuité de la grève en mobilisant des avocats. L’Alliance syndicale a présenté une procédure judiciaire pour négociation de mauvaise foi contre l’ACQ (Association patronale de la construction du Québec) et son négociateur.

USA : Quelques 37 000 travailleurs d’AT&T déclenchent une grève de trois jours en mai. C’est la première fois que ces travailleurs de la division téléphonie mobile d’AT&T font la grève. Ils sont près de 14 % de l’effectif total du deuxième opérateur de téléphonie mobile aux États-Unis. Les travailleurs, membres du syndicat Communications Workers of America, réclament des hausses de salaires permettant de faire face à une augmentation du coût de l’assurance maladie et des horaires de travail plus justes. Après ces trois jours de grève, le syndicat la Communications Workers of America (CWA) a ordonné un retour au travail. Par ailleurs, au moment d’écrire ces lignes, 1800 techniciens, des travailleurs d’entrepôt et du département ingénierie de la compagnie de câbles Spectrum à New York et dans le nord du New Jersey étaient en grève depuis trois mois. Le syndicat International Brotherhood of Electrical Workers maintient les travailleurs dans un cadre strictement légal en acceptant la nomination d’un médiateur fédéral et des concessions financières importantes.

Grèce : Le 17 mai, des milliers de travailleurs grecs ont manifesté et fait grève contre les mesures prévues du gouvernement, particulièrement contre la baisse des pensions de retraite et des hausses d’impôts. Rappelons que Tsipras, le Mélenchon grec, avait promis d’arrêter les mesures d’austérité mais une fois élu, il a fait le contraire. À ce jour il a accepté de multiples mesures fiscales, une quatorzième réforme des retraites et une libéralisation du marché du travail.

Italie : L’accord conclu le 14 Avril entre les confédérations syndicales nationales CGIL, CISL et UIL et la compagnie aérienne Alitalia a été rejeté à 67%. L’accord exigeait des sacrifices des employés : 1700 suppressions d’emploi ainsi qu’une réduction des salaires de 8 % et la réduction des repos annuels de 120 à 108.

France : Guyane voir l’article du Pcint Guyane seules la rupture de l’alliance interclassiste et l’organisation de classe peuvent permettre aux prolétaires de recueillir les fruits de leur mobilisation http://www.pcint.org/01_Positions/01_01_fr/170417_guyane.htm.

Royaume-Uni : Suite aux grèves de janvier 2017 (Luttes ouvrières dans le monde du #7 de RoG ) une chasse syndicale aux « fauteur de troubles » a été faite. Les responsables syndicaux ont mis en garde secrètement des dirigeants de grandes entreprises de ne pas employer des travailleurs spécifiques parce qu’ils étaient considérés comme politiquement gênants. Ils ont ainsi aidé à obtenir qu’une partie de leurs propres membres soit exclus des emplois car ils voulaient éviter des perturbations sur les sites industriels, décrivant certains de leurs membres comme « militants », « fauteurs de troubles », ou avec un avertissement d’être « prudent »avec eux. Suite à l’attentat de Manchester et pour la période électorale, les syndicats britanniques ont supprimé ou suspendu plusieurs grèves chez les contrôleurs de train, les travailleurs de BMW, le personnel de l’Université métropolitaine de Manchester (MMU), le géant informatique Fujitsu et autres lieux.

À Durham, lutte d’assistants enseignants (Tas) contre les boss et les syndicats. Suite au sabotage de leurs luttes, les Tas ont formé un comité d’activistes ouvert à tous. Ce comité a pour but d’organiser la lutte et contrer l’influence négative syndicale. Par contre, ils ont une main attachée dans le dos puisqu’ils autorisent le syndicat Unison à négocier pour eux. Voir http://www.leftcom.org/en/articles/2017-07-28/durham-teaching-assistants-fight-on-%E2%80%93-against-labour-and-their-unions

Brésil  : Le 28 avril, des millions de grévistes et des dizaines de milliers de manifestants dans plusieurs villes ont protesté contre les mesures d’austérité qui, entre autres, feront reculer l’âge de départ à la retraite, de 60 à 65 ans pour les hommes et de 55 à 62 ans pour les femmes. Des manifestations ont aussi lieu en mai dénonçant la corruption des politiciens. Les manifestations avaient une telle ampleur que pour la première fois depuis 1986, il y a eu une intervention à Brasilia de l’armée aux côtés des forces de police antiémeute.

Irlande : En mars, grève dans les services ferroviaires et d’autobus.
Le boss syndical des transports de SIPTU, Greg Ennis, a déclaré que le syndicat n’a pas organisé et ne tolère pas l’action illégale qui a perturbé les services ferroviaires et d’autobus
 : Nous regrettons la perturbation qui a gravement affecté ceux qui envisagent d’utiliser les services Iarnrod Eireann et Dublin Bus.’Cette union ne tolère pas une action non officielle de cette nature.’ Par la suite le syndicat a organisé un scrutin pour rendre la grève légale et mieux la contrôler.

Égypte 17 000 travailleurs de la société Misr Spinning and Weaving Compagny sont en grève depuis le 12 août à Mahalla al-Kubra. Ils exigent les primes annuelles qui finissent souvent par disparaître des paies. Après avoir attendu un mois, la grève a commencé, avec une liste beaucoup plus large de demandes, à laquelle s’est ajoutée une augmentation de 10% des salaires. Ces travailleurs de MSWC avaient organisé en 2006 et en 2008 des grèves massives contre le régime de l’ancien dictateur Moubarak et en jouant un rôle déterminant dans les luttes de 2011 qui ont fait chuter Moubarak. En décembre 2012, ces mêmes travailleurs s’étaient déclarés « indépendants » de ce qu’ils ont appelé « l’État des Frères musulmans » de Morsi. Voir
 http://www.leftcom.org/en/news/2017-08-13/17-000-workers-strike-in-the-textile-sector-at-mahalla-al-kubra-nile-delta-egypt

Tunisie : La contestation sociale en Tunisie se poursuit sans arrêt, à tel point que les responsables parlent d’un mois de janvier(Luttes ouvrières dans le monde du #7 de RoG) qui n’en finit pas, en référence aux différents mouvements qui ont marqué depuis des décennies l’histoire de ce pays. Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a annoncé, le 10 mai, avoir ordonné le déploiement de l’armée pour protéger les sites de production de phosphate et les installations gazières et pétrolières suite à des manifestations qui ont éclaté, notamment dans le Sud du pays. Ces manifestations visaient à perturber la production de certains sites névralgiques de l’économie tunisienne. Les difficultés économiques et la frustration des jeunes à l’origine de la « révolution du Jasmin » en 2011 restent d’une criante actualité en Tunisie, en particulier dans le centre et l’ouest du pays où le chômage élevé laisse peu de perspectives aux habitants. À Tataouine, depuis des semaines, des manifestants ont dénoncé le taux de chômage. Fin mai, un manifestant a perdue la vie et plus de 300 personnes ont été blessés lors d’affrontements avec la police.

Maroc : Depuis huit mois des manifestations ont lieu dans la région du Rif. Le 8 juin un appel à la grève générale a été largement suivi. Aux revendications à caractère social et économiques des habitants de la région est venue s’ajouter la demande de libération des personnes arrêtées depuis le début du mouvement. Le 21 juillet des affrontements à Al-Hoceïma avec les forces de l’ordre ont fait 80 blessés de part et d’autre. Voir : Grève générale dans le Rif Le prolétariat et les masses rifaines surexploitées donnent une leçon qui doit dépasser les frontières. http://www.pcint.org/01_Positions/01_01_fr/170617_greve-rif.htm

Iran : Le président iranien Hassan Rohani a été pris à partie le 7 mai par des mineurs en colère, dans une rare démonstration de force contre le plus haut responsable élu au pays, au moment où il quittait la mine privée d’Azad Shahr dans le nord de l’Iran, où 26 mineurs ont été tués dans une explosion survenue le 3 mai.

Myamar : Plus de 12 000 travailleurs en grève dans trente usines de Yangon se sont rassemblés le 9 juin pour protester contre leurs salaires et leurs conditions de travail et réitérer leurs demandes : salaire quotidien de base de 3000 kiat (1,9Ɛ/2,75$cdn), la fin des congédiements sans raison et les heures supplémentaires obligatoires. Ces grèves tout comme les émeutes de février sont à mettre en lien avec des mouvements de résistance semblables en Chine, au Vietnam et au Cambodge. De plus en plus, les états capitalistes de ces pays songent à légaliser des syndicats comme ceux d’Europe et d’Amérique pour contrôler les luttes et les maintenir dans la légalité. C’est déjà le cas au Myamar mais les prolétaires sont très méfiants vis-à-vis ces syndicats.

Serbie : 2000 prolétaires de l’usine Fiat-Chrysler se sont opposés aux salaires de misère et à des conditions de travail inhumaines. En grève depuis le 27 juin, ils ont accepté de mettre fin à leur grève et de retourner au travail après plus de deux semaines sous la pression conjointe du patronat, du gouvernement et des syndicats.

Le 15 août, Normand

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